L’économie symbiotique

Notes personnelles sur le livre d’Isabelle Delannoy, L’économie symbiotique (Editions Actes Sud, 2017).

Les ressources et les écosystèmes

L’auteur distingue 3 ressources :

  • Matières
  • Energies
  • Informations

On notera que la matière est présente sur Terre en quantité limitée. Ce qui est le cas également pour les énergies qui sont issues de la matière comme le pétrole. Par ailleurs ces matières qui sont extraites du sol depuis de nombreuses années se raréfient et les méthodes d’extraction sont donc de plus en plus complexes et coûteuses.

L’information est une ressources très différentes de la matière et de l’énergie. L’information est en effet en quantité illimitée. Par ailleurs lorsqu’on donne de la matière elle est perdue. Mais lorsqu’on donne une information est elle toujours présente, elle est plutôt « partagée ». De plus cela peut permettre d’obtenir en retour une autre information. De la même manière lorsqu’on donne une idée celle-ci ne disparaît pas, mais elle se propage, se diffuse.

L’auteur distingue aussi 3 types d’écosystèmes :

  • Vivants
  • Humains
  • Industriels

Niveau de maturité des écosystèmes du vivant

  • Niveau 1 : construction des infrastructures ;
  • Niveau 2 : création du réseau, échange d’informations. Puis la faune s’installe. Celle-ci permet la circulation d’informations mais aussi d’autres éléments, et cela sur des distances plus longues. Le réseau s’agrandit et les écosystèmes s’interconnectent entre eux.
  • Niveau 3 : Le réseau devient planétaire et les informations échangées sont très abondantes. Cela génèrent des capacités maximales d’adaptation au changement et de résolution de problème. Le niveau de services rendus est à son maximum.

Niveau de maturité de l’écosystème humain

Pour l’auteur, les écosystèmes humains sont maintenant arrivés au tout début du stade 3. L’internet permettant d’interconnectés tous les écosystèmes humains de par de monde, facilitant ainsi les échanges d’informations. En même temps nos ressources en matière et en énergie s’épuisent et coûtent de plus en plus cher à extraire. Par ailleurs leur grande consommation menacent de plus en plus fortement les écosystèmes du vivant. Cette arrivée au stade 3 tombe à point nommé. Nous allons nous aussi pouvoir consommer moins d’énergies et de matières et produire plus d’informations en nous appuyant sur les services rendus par les écosystèmes du vivants désormais mieux exploités.

L’économie symbiotique à justement pour objectif de faire travailler ensemble les 3 types d’écosystèmes afin qu’ils deviennent d’une part économes en matières et en énergies et d’autre part plus producteurs en informations.

Où se trouve la valeur dans l’écosystème du vivant ?

Comment profiter au mieux des ressources à notre disposition ?  Voilà ce qui apporte de la valeur, du plus important au moins important :

  • Ce qui émane du fonctionnement des écosystèmes, c’est-à-dire ce qui en généré par la synergie ;
  • Ce qui émane du système que représente la matériau (structure moléculaire du bois qui permet rigidité ou isolation) ;
  • Ce qui est généré par le matériau (molécules nutritives, médicinales, colorantes…) ;
  • L’énergie fournie par la combustion d’une molécule organique (du matériau);

Les 6 principes de l’économie symbiotique

  • collaboration libre et directe entre entités ;
  • diversité d’acteurs et des ressources qui respectent l’intégrité de chaque entité ;
  • territoires de flux communs, accessibles à tous de façon égale (territoires matériels où circulent les ressources, mais aussi immatériels où se croisent les intérêts et les valeurs) ;
  • utilisation prioritaire des services rendus par les écosystèmes ;
  • recherche de l’efficience maximale dans l’utilisation des ressources, qu’elles soient de la matière, de l’énergie, ou de l’information ;
  • recherche de l’inscription des activités humaines dans les grands cycles de la planète préservant son équilibre écologique global. Le niveau de service est alors au plus haut.

Comprendre les 6 principes de l’économie symbiotique

On peut distinguer les principes constructeurs et les principes régulateurs.

1. Les principes constructeurs

Collaboration libre et directe entre entités

Le système n’est pas géré par un chef ou un patron mais par un « jardinier ». Il s’agit d’un tiers organisateur qui facilite la libre rencontre des différents participants. Il « fixe les règles, architecture les espaces et fournit le cadre dans lequel s’effectuent ces rencontres. »

Territoires de flux communs, accessibles à tous de façon égale (territoires matériels où circulent les ressources, mais aussi immatériels où se croisent les intérêts et les valeurs)

Chaque entité à un accès égal aux ressources (ex : nutriments, eau, production, services…). La participation est libre et non obligatoire. « Il s’agit ainsi d’une économie dont l’efficacité repose sur l’autonomie, la liberté et l’égalité des potentiels. »

Diversité d’acteurs et des ressources qui respectent l’intégrité de chaque entité

La diversité permet la complémentarité. La complémentarité permet l’autonomie du système formé. Chacun doit rester dans sa ou ses fonctions pour maintenir la diversité. Le système doit en préserver l’intégrité.

2. Les principes régulateurs

Utilisation prioritaire des services rendus par les écosystèmes

Ce principes renforcent les 3 principes précédents. Et il renforce l’autonomie du système.

Recherche de l’efficience maximale dans l’utilisation des ressources (matière, énergie ou information)

Pour cela par exemple 1m² de surface va être utiliser pour plusieurs fonctions. Selon ce principe il faut éviter aussi d’avoir trop de diversité car cela nuit à l’efficience du système. Il faut aussi limiter la taille du territoire.

« Si le tiers organisateur est performant et réussit à mettre en place des systèmes puissants de collaborations libres et directes, il renforce l’efficience. Le système peut alors intégrer davantage de diversité ou agrandir son territoire de flux. Dans le temps, il se forme un équilibre dynamique qui évolue avec le système : les écosystème deviennent de plus en plus performants car ils nouent les réseaux qui permettent une intégration progressive d’une diversité plus importante d’espèces et, à mesure, des relations avec les autres écosystèmes. »

Niveau de service maximal en inscrivant les activités humaines dans les grands cycles de la planète (préservant ainsi son équilibre écologique global)

 

 

Une rapide présentation de l’économie symbiotique par Isabelle Delannoy

Source : France 24, 2017