Concepts et modèles pour s’en sortir dans la vie

Apprendre à observer les choses et en parler

Pour parler des choses, des gens, des événements, on peut s’aider avec des points de vues. Il en existe énormément, en voici quelques-uns :

  • chronologique, temporel
    • Avant / Pendant / Après
    • Instantané / durée courte / durée moyenne / très longue durée
  • spatial, géographique
    • Ici / Ailleurs
    • Proche / Eloigné / Très éloigné
  • contenant / contenu
  • intérieur / extérieur
  • parent / enfant
    • Evolution de la relation / Apprentissage / Autorité / Sécurité / Réciprocité…
  • hiérarchique / subordonnée
  • logique, rationnel / émotionnel
  • matière et énergie
  • utile / futile

Un vélo par exemple est un objet. On peut le manipuler et monter dessus. Il permet de se déplacer notamment grâce à ses roues : c’est un moyen de transport. Avec un vélo je peux parcourir 10 km en 30 minutes. Il est moins rapide qu’une voiture, mais il coûte beaucoup moins cher.

Certains points de vue s’apprennent quand on est enfant, mais d’autres sont moins faciles à appréhender. Par exemple dans le livre Sapiens, Une brève histoire de l’humanité de Y. N. Harari, l’auteur nous raconte l’évolution de l’humanité sur une période longue de plusieurs millions d’années. Ce n’est pas une échelle de temps que l’on utilise très souvent, et c’est une idée qu’un jeune enfant peu difficilement appréhender.

Apprendre à catégoriser

La catégorisation est un réflexe normal de notre cerveau. C’est ce qu’on fait qu’on on tente de désigner une personne dans la rue. D’abord on va chercher quelque chose de saillant dans son apparence. Puis on va mettre cette personne dans la catégorie que notre cerveau a perçu comme saillante. Que dirions nous :

  • le bel homme : catégorie esthétique du corps
  • l’homme grand : catégorie de taille
  • le gros : catégorie de corpulence
  • le noir : catégorie de couleur de peau
  • le dandy : catégorie d’esthétique des vêtements

Notez que dire l' »homme » c’est déjà une catégorie basée sur le sexe. Dans cette situation, on aurait aussi certainement distinguer un enfant d’un adulte.

Catégoriser peut aussi poser problème. Surtout quand on parle des êtres humains. Cela peut heurter la sensibilité des personnes. Les catégories sont subjectives car elles sont basées sur notre propre manière de voir les choses, sur notre expérience, notre éducation, notre culture.

Il faut aussi penser que les choses évoluent. Un enfant deviendra un adulte. Un ignorant deviendra un sachant. Un fils d’ouvrier deviendra un notable.

Il faut donc utiliser les catégories avec précaution.

Apprendre à conceptualiser

Il est impossible de parler du monde en le définissant dans le moindre de ses détails. En effet il y a trop d’objets qui le composent et les relations entre ces objets sont souvent complexes.

Une des capacités les plus importantes pour comprendre le monde et pour en parler est la capacité de conceptualiser.

Selon le wiktionnaire il s’agit de « Produire un concept, faire abstraction de la réalité pour concevoir une idée plus générale ». On va donc simplifier ou exclure une partie pour proposer une manière de voir les choses qui permette d’en parler plus facilement.

Par exemple les hommes préhistoriques on enseigné des choses à leurs enfants, peut-être pour qu’ils évitent certains dangers. Quand un parent enseigne des choses essentielles à la vie de son enfant on appelle cela l’éducation. C’est juste un mot. Mais il fallait ce mot pour pouvoir en parler facilement. C’est un mot qui nous facilite les choses, mais c’est un mot complexe. Par exemple il est difficile d’en donner une définition simple. Il suffit pour vérifier cela, de demander une définition à 3 personnes différentes. Par ailleurs ce mot n’est surement pas un des mots qui est apparu en premier dans le langage humain contrairement aux mots danger, nourriture ou maman.

La méthode de description de Richard Feynman se base sur la catégorisation et la conceptualisation.

Vous pouvez vous amuser avec le jeu de société Concept pour vous entraîner.

Apprendre à voir les lois naturelles

Certaines des choses que l’on observe sont des lois de la nature. Les identifier est très important car ces lois ne sont pas contournables. On ne peut pas lutter contre les lois de la nature. Il faut donc composer avec ces lois.

Il y a des lois que l’on rencontre tous les jours de notre vie. Par exemple la loi de la progressivité. On commence par ramper, puis on apprend à marcher et enfin on apprend à courir. C’est comme ça quand on a 1 an, et c’est toujours comme ça quand on a 18 et qu’on apprend à conduire.

Certaines lois sont évidentes, d’autres plus subtiles. Certaines lois sont en contradiction avec nos croyances.

Parfois il faut vivre plusieurs expériences pour voir et comprendre ces lois.

Une autre loi simple est celle de la confiance. Généralement il est facile de détruire la confiance et la reconstruire prend du temps.

Apprendre à observer à l’intérieur de soi

Une chose que l’on n’apprend pas à l’école, sauf exception (pour l’instant), est de regarder à l’intérieur de soi. Par exemple pour observer ses émotions. Comment je me sens maintenant. Qu’est-ce qui a changé depuis tout à l’heure. Comment j’ai réagi à cet événement.

C’est aussi voir que l’on réagi toujours de la même manière aux mêmes événements. Ou au contraire voir que l’on réagi d’un manière nouvelle.

Faire cet exercice permet aussi de se poser la question du pourquoi, de la cause. Il y a l’événement extérieur qui est une cause et il y a ce qui a construit ma manière de réagir qui est une autre cause. Une autre personne réagit de manière différente alors que l’événement est le même.

Apprendre à regarder à l’intérieur de soi c’est apprendre à se questionner, à se remettre en question. C’est sans doute l’apprentissage le plus important. Il permet de mieux se comprendre et de mieux comprendre les autres.

Apprendre à aller à l’essentiel

Pour apprendre à aller à l’essentiel il faut savoir réduire les choses à leur essence et il faut savoir où on veut aller.

Il s’agit de décrire les choses d’une manière juste, avec le sentiment que cette description est une vérité qu’on ne peut ni contester, ni mettre de côté.

Aller à l’essentiel nécessite de se préoccuper de faire une description vraiment utile. Utile au sens où elle doit pouvoir être utile pour tout le monde. Pas seulement utile pour une catégorie de personnes : les parents, les charpentiers, les riches. Utile pour tout le monde. Pour cela il faut un objectif qui nous rassemble tous. Il y a deux grands objectifs qui nous rassemblent tous : survivre et être heureux.

Essayez de décrire les choses avec une de ces deux préoccupations à l’esprit et vous arriverez surement à aller à l’essentiel.

Et si vous choisissez la préoccupation du bonheur, ne confondez pas avoir du plaisir et être heureux.